Dans cet article, je vous explique comment colorer les cheveux blancs en utilisant uniquement des plantes. Vous trouverez mon témoignage régulièrement actualisé en bas de page. Pour couvrir les tout premiers cheveux blancs, on peut essayer pour commencer d’utiliser de simples infusions de plantes (sauge, romarin, thé,  …) que l’on verse sur les cheveux. On peut aussi utiliser ces infusions en spray. Vous trouverez sur internet de nombreuses recettes mais il s’agit de coloration très légères et progressives : il faut être très patient(e) pour constater un résultat.

Si l’on veut un résultat rapide et radical, il faut faire des masques aux poudres de plantes. Le choix des couleurs est assez limité dans ce domaine. Il faut bien comprendre que la couleur obtenue dépendra de la couleur de base du cheveux et qu’on ne colore pas par exemple une base brune en blond ou en roux.

Reportez-vous à la rubrique « Couleurs » pour en savoir plus sur les poudres à utiliser pour obtenir chaque couleur.

Le problème, c’est que les cheveux blancs ne se colorent pas de la même façon que les non-blancs. Cela fait donc souvent deux tons puisque l’on applique le même mélange sur tous les cheveux. Par exemple, les cheveux blancs seront plus clairs (cuivrés) ou de couleur différente (acajou, rouges) que le reste de la chevelure. Il faut parfois procéder à une seconde application pour neutraliser les cheveux cuivrés.

 

Quelques conseils pour celles qui débutent dans le henné et souhaitent couvrir leurs cheveux blancs, blonds ou méchés en châtain,  brun ou noir

1. Première étape : colorer les cheveux blancs en roux ou cuivré.

Il s’agit de précolorer les cheveux blancs. On fait donc une première coloration constitué d’au moins 30% de henné naturel sur les cheveux blancs secs (racines). On laisse poser au moins une demie-heure puis on rince à l’eau ou avec un shampoing très doux (pas d’après-shampoing). L’application de cette première étape juste en massant sur cheveux mouillés donne aussi un très bon résultat. C’est très efficace contre les démangeaisons mais la couleur est moins soutenue car le mélange sèche vite et est moins au chaud. Les restes de mélanges peuvent être congelés.

2. Deuxième étape : coloration finale.

Le jour même ou quelques jours plus tard, préparer un mélange de poudres en fonction de la couleur souhaitée. Si l’on veut que les cheveux blancs ne soient pas cuivrés, il faut mettre au moins 55% d’indigo ou katam.

 

Voici quelques idées de mélanges ( la couleur obtenue dépend des cheveux de chacune et le temps de pose sera une variable d’ajustement).

 

  • Un pur katam ou indigo avec 1/5 de sidr (pour un noir très noir) et un peu de bicarbonate. Les préparer avec une infusion bicarbonatée de campêche donnera une couleur encore plus foncée. Au moins 45 minutes de pose.
  • 3/4 indigo ou katam, un peu de bicarbonate, 1/4 de henné naturel ( pour une couleur brune à reflets cuivrés) . Pour des reflets rouges ou violines, préparer ce mélange avec une infusion bicarbonatée de campêche. Au moins 45 minutes de pose.
  • 3/4 indigo ou katam, un peu de bicarbonate, 1/4 de henné neutre (pour une couleur brun cendré). Au moins 45 minutes de pose.
  • 2/3 indigo ou katam, un peu de bicarbonate, 1/3 de henné neutre (pour une couleur plus froide) ou de henné naturel (pour une couleur plus chaude). Au moins 45 minutes de pose.
  • Pour une couleur marron cuivrée: henné  35 % – indigo (ou katam ) 55 %- sidr 10% – bicarbonate. Au moins 45 minutes de pose.
  • pour une couleur plutôt marron foncé »: henné 30 % – indigo (ou katam) 60 %- sidr 10 % – bicarbonate. Au moins 45 minutes de pose.
  • pour un châtain clair: 2 cuillères à soupe d’Indigo, 1 cuillères à soupe de henné neutre, 1 cuillère à café de Sidr. Pose une demie-heure.

Mouiller le mélange choisi avec de l’eau bien chaude mais pas bouillante (on peut utiliser une infusion de sauge, de romarin, … ou de campêche avec bicarbonate pour une couleur plus foncée et des reflets plus rouges ou violines). Tout ajout d’huile ou d’acide nuira à la prise des mélanges contenant de l’indigo ou du katam mais on peut par contre ajouter du yaourt pour hydrater (avant d’ajouter les autres liquides). Un peu de bicarbonate aident l’indigo et le katam à mieux prendre.

 

Appliquer au pinceau.
Laisser poser sous plastique et bonnet. On peut passer un petit coupe de sèche-cheveux avant de mettre le bonnet pour réchauffer le mélange. Les personnes qui ont le cuir chevelu sensible peuvent préférer la pose à l’air libre ou bien sous collant-résille mais je trouve que la prise est alors moins bonne sur les cheveux blancs.
Plus le temps de pose est long et plus la couleur sera foncée. Par contre, il vaut mieux limiter le temps de pause à 2h en cas de cuir chevelu sensible. Indigo et katam développent des reflets violines avec des longs temps de pose. Rincer très très soigneusement à l’eau et faire éventuellement un shampoing pour éviter les démangeaisons et alléger les cheveux.

 

Fréquence de coloration

Il faut logiquement recolorer lorsque les racines sont trop blanches soit en faisant deux étapes (si les racines sont très longues ou si l’on recherche un châtain clair) ou bien appliquant un seul mélange s’il n’y a pas trop de cheveux blancs et que la coloration est assez récente (deux semaines).

 

 

Rappel:

Il faut compter (pour tout recouvrir comme si on mettait de la crème sur un gâteau):

 

  • – 100 g pour des cheveux courts ou pour faire les racines
  • – 200 g pour des cheveux aux épaules
  • – 300 g pour des cheveux dans le dos

Mes cheveux

A la base, ils étaient châtain foncé plutôt cendré. J’avais déjà pas mal de cheveux blancs avant l’âge de trente ans que j’ai commencé à colorer avec des colorations achetées en magasin bio. C’était très beau le premier jour et moche au bout d’une semaine… J’en faisais tous les 15 jours car l’effet racine était vraiment vilain! Jusqu’au jour où mon crâne m’a dit stop. J’ai cherché ce que je pouvais faire de naturel et je suis tombée sur Hennaforhair… et la technique du deux étapes. J’ai à présent environ 75% de cheveux blancs.

 

Ma routine actuelle de coloration

 

En ce moment, je fais assez simple: un mélange natural brown sur mes racines tous les 15 jours (voir les détails ci-dessous). Quand je veux plus de reflets ou que je trouve que cela prend moins bien, je fais un gros henné (en général damask).

 

 

Ma préparation du henné: Je prépare un sachet entier de henné à l’eau bouillante et je le pose immédiatement sur cheveux secs non lavés. Je pose le pur henné à la main (avec des gros gants de ménage en caoutchouc), d’abord sur les racines et ensuite, s’il en reste, j’en mets un peu sur les longueurs. J’emballe sous film plastique,  je passe un coup de sèche-cheveux par dessus pour réchauffer puis je mets un bonnet pour garder la chaleur et un foulard noir pour que ce soit moins moche. Je laisse poser une heure et je rince avec un gros shampoing à l’hibiscus puis je laisse poser un peu de démêlant sur les longueurs.

 

Ma préparation du natural brown: J’utilise  75g de poudre. Je verse de l’eau bouillante pour obtenir la texture adéquate ni trop épaisse ni trop liquide. J’ajoute quelques gouttes d’huile essentielle de menthe nanah car je ne supporte pas bien l’odeur de l’indigo. Je pose ce mélange sur cheveux secs et non lavés depuis trois ou quatre jours. Je l’applique au pinceau raie par raie sur les racines, devant et je termine derrière en faisant quelques raies et en massant. J’emballe mes cheveux avec du film plastique, je passe un coup de sèche-cheveux pour réchauffer puis je mets un bonnet et un foulard par dessus. Je laisse poser une heure. Je rince d’abord dans quelques seaux que je jette par la fenêtre puis ensuite je fais un gros shampoing khadi hibiscus. Je mets un peu d’après-shampoing logona sur une zone qui s’emmêle facilement près du crane à l’arrière et de l’après-shampoing plus nourrissant (abiessence ou propolia) sur les longueurs.

 

Entre deux colorations, je me lave les cheveux une ou deux fois par semaine seulement avec mon shampoing liquide aux poudres maison que je prépare dans une gourde avec une cc de sidr, une cc d’une autre poudre (kalpi, shikakaï, …), une giclée de shampoing hibiscus et de l’eau. Je termine ensuite par un peu d’après-shampoing nourrissant sur les pointes.

 

Je ne coupe presque jamais mes cheveux. J’ai envie de les laisser pousser. Je les attache tous les soirs avec un kardoune pour éviter qu’ils ne s’abiment la nuit.